Le voyage de Kabangu !

Né à Lubumbashi, la capitale minière de la République du Congo, dans la province de Katanga, Kami Kabangu compte parmi les intérieurs les plus reconnus du basketball d’Afrique de l’Est au cours de ces dix dernières années.  Le joueur de 32 ans est un véritable modèle...

Né à Lubumbashi, la capitale minière de la République du Congo, dans la province de Katanga, Kami Kabangu compte parmi les intérieurs les plus reconnus du basketball d’Afrique de l’Est au cours de ces dix dernières années. 

Le joueur de 32 ans est un véritable modèle d’efficacité dans la raquette, comme le prouvent ses statistiques dans tous les championnats nationaux et dans tous les tournois régionaux et continentaux auxquels il a pris part. Son talent est reconnu par tous les connaisseurs.

En 2007, le technicien kényan Cliff Owuor avait reperé ce grand et énergique jeune homme qui jouait alors pour le TP Mazembe, à l’occasion de l’annuelle Coupe du Congo, et il l’avait convaincu de venir rejoindre les rangs de la formation rwandaise d’APR.

« J’étais à la recherche d’une nouvelle aventure, c’est pourquoi cette opportunité au Rwanda est arrivée à point nommé, » déclare avec sérénité Kabangu, dans un entretien exclusif accordé à FIBA.com.

Sa présence dans le club militaire a procuré un avantage non négligeable à son équipe dans la compétition FIBA Zone 5 Club Championships. Après l’avoir menée au titre, Kabangu était prêt à faire ses débuts à la FIBA Africa Champions Cup à Luanda, en Angola.

APR est retourné au tournoi continental l’année suivante et la Fédération Rwandaise de Basketball (FERWABA) a alors entrepris les démarches administratives pour que Kabangu puisse obtenir la nationalité rwandaise dans l’optique de l’AfroBasket 2009.

« J’ai pris cette décision en vue d’atteindre le but que je m’étais fixé au début de ma carrière, c’est-à-dire de jouer avec l’élite du basketball, » confie Kabangu à propos de sa naturalisation, troquant son passeport du Congo contre celui du Rwanda.

« La République du Congo a tellement de joueurs talentueux à travers le monde. Je ne regrette pas d’être devenu Rwandais. Dieu a été bon avec moi tout au long de ma carrière. »

Kabangu est l’un des nombreux Congolais qui ont décidé de changer de nationalité, comme notamment la star NBA Serge Ibaka, qui a lui choisi l’Espagne, pays avec lequel il a décroché la médaille d’argent aux JO de Londres en 2012.

Avec le maillot du Rwanda, le pivot de 2.03m a participé à trois reprises à l’AfroBasket : en 2009 en Lybie, en 2011 à Madagascar et en 2013 en Côte d’Ivoire.

À Abidjan, Kabangu a été le joueur le plus utilisé du tournoi – 191 minutes passées sur le terrain en cinq rencontres – et il a été le troisième meilleur rebondeur (49 rebonds) derrière l’Égyptien Assem Marei (81) et le Nigérian Ike Diogu (72).

« Une chose que j’ai apprise en évoluant dans des tournois internationaux, c’est que le basketball est en soi partout pareil, la seule différence, c’est le niveau d’engagement, » explique-t-il.

Au moment de prendre part à la FIBA Africa Champions Cup 2016 sous les couleurs des City Oilers (Ouganda), Kabangu analyse : « En plus du talent, de la passion et du désir, nous devons travailler très dur et passer beaucoup de temps à nous perfectionner, à poursuivre notre apprentissage lors des entraînements. »

Depuis son transfert en Ouganda en 2013, après la conquête du titre de la Zone 5 avec l’Espoir du Rwanda l’année précédente, Kabangu a conduit les City Oilers vers leur tout premier titre national, et ce lors de leur participation inaugurale à la compétition.

Les City Oilers ont remporté trois titres nationaux consécutifs. Ils ont pris la troisième place en 2014 et la deuxième en 2015 dans la Zone 5, avant de gagner le titre régional en 2016 à Dar es Salaam, en Tanzanie.

Mais l’aventure de Kabangu n’a pas été sans difficultés. Lui qui a grandi dans un environnement francophone – en parlant français, swahili et lingala à Lubumbashi et principalement français au Rwanda, il lui a fallu apprendre l’anglais pour réussir son intégration en Ouganda.

« J’ai dû apprendre au contact de mes amis et de mes coéquipiers, et les choses se sont simplifiées lorsque ma femme et mes enfants m’ont rejoint à Kampala. Nous avons essayé de nous adapter à la culture ougandaise, tout en préservant la nôtre, sans jamais oublier d’où nous venons, » dit-il humblement.

Aisha Kamana, sa femme, et ses deux enfants Tona Salha, 14 ans, et Bryan Mwilambwe, 5 ans, vivent en effet désormais avec lui à Kampala, et eux aussi trouvent gentiment leur marques dans la capitale de l’Ouganda.

« Mon pays me manque, mais le plus important est que ma femme et mes enfants soient avec moi à Kampala, parce que ma détermination dépend de leur présence. C’est chez eux que je puise ma force, ma concentration et ma motivation. »

« Mon épouse me concocte toujours des plats typiques du Congo et nous écoutons évidemment beaucoup de musique congolaise, de la rumba. »

Kabangu a été élu deux fois MVP de la Zone 5 (2013 et 2015) et il a terminé meilleur marqueur de la ligue en 2013, 2014 et 2015. La presse sportive ougandaise lui a décerné le titre de meilleur basketteur de l’année à deux reprises.

Ses succès en Ouganda lui valent d’être tenu en haute estime par les gens de la région, et il est bien décidé à ne pas en rester là.

FIBA

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