Suspension Otis Ngoma, couac administratif ou querelle unitile !

La fédération congolaise de football a pris une mesure de suspension temporaire à l’encontre du sélectionneur national U20, Otis Ngoma qui a été convoqué par son club, le DCMP, alors qu’il se trouvait en compétition avec les léopards de la RDC en Afrique du Sud (Cosafa CUP U20).

L’annonce de cette sanction a été faite à travers les médias par le président de la FECOFA lui-même, Constant Omari Selemani alors absent du pays.

Cette affaire qui devait paraitre assez banale pour quiconque a pris une tournure très fâcheuse : des supporters en colère, le DCMP prêt à réagir, les médias à la recherche de la vérité, mais surtout une série des questions qui sortiraient de tout esprit libre.

Les faits

A la base, un duel mieux un derby entre le DCMP et le FC Renaissance, deux clubs ennemis qui se disputent en plus la deuxième place du championnat. Le sélectionneur des léopards, Otis Ngoma, aussi coach du DCMP devait « absolument » rentrer sur Kinshasa pour diriger cette partie.

Pour couvrir ce déplacement, le comité de direction du DCMP avait écris à la FECOFA en date du 06 décembre et s’engager à le faire revenir sur Kinshasa le 08 décembre et de le ramener en Afrique du Sud aussitôt le duel du 11 décembre contre Renaissance terminé. Le club avait aussi pris soin de payer un titre de voyage à son coach à cet effet.

En date du 09 décembre, la FECOFA accordera une « autorisation » contre-signée par le 1er vice-président et le secrétaire général de la FECOFA. Un élément qui conduira le coach congolais à faire des heures de route en ce samedi 10 décembre vers Johannesburg en vue d’embraquer sur le vol SAA de 20h45. Son retour étant prévu le lundi en soirée.

La lettre qui change tout

Otis Ngoma en route vers l’aéroport sans doute, une correspondance atterrira sur la boite mail du club le même samedi 10 décembre dans l’après-midi. Elle a pour effet d’annuler l’autorisation accordée à Otis Ngoma de rentrer sur Kinshasa en vue du duel contre Renaissance. Elle est contre-signée par un autre vice-président de la FECOFA et le même secrétaire général.

Le couac administratif

La FECOFA par son 3ème vice-président envoies des correspondances le samedi après-midi vers une administration fermée en ce jour de week end et annule une autorisation accordée par son pré-séant, le 1er vice-président. Une erreur administrative, nous estimons.

Une querelle inutile

Laisser le coach du DCMP prendre son avion pour rejoindre son club en vue d’un duel important n’aurait pas été un vrai drame si on y pense bien. Les léopards laissés derrière lui remportaient d’ailleurs une belle victoire face au Mozambique 2-0 sous l’encadrement de ses adjoints Eric Tshibasu et Pappy Kimoto. Son retour prévu le lundi 12 décembre lui aurait permis de retrouver son club en vue du quarts de finale contre le Malawi (13 décembre).

Bien plus, ce tournoi qui n’a pas été programmé depuis des mois ne devait pas être une priorité du plan fédéral de la FECOFA en matière de football d’age. On sait dans ce domaine que le premier élément reste l’organisation d’un « championnat de la catégorie », socle d’une bonne sélection et non un ramassis opéré dans la seule capitale une semaine avant le démarrage de la COSAFA CUP.

Otis Ngoma contractuel ou pas

Ce technicien congolais est de la catégorie de ceux qui travaillent bénévolement pour la sélection nationale. Aucun contrat ne le lie au gouvernement encore moins à la FECOFA. Il doit sa survie et ses avantages grâce au contrat en tant qu’entraineur du DCMP de Kinshasa. Son équipe U20 n’est meme pas soutenue par le gouvernement et ses activités semblent plutôt sporadiques. On pouvait bien se demander quel aurait été le sort de cet entraineur en cas de défaite de son club et ce, en son absence.

Un cas similaire

On a assisté l’année dernière à une situation presque similaire : les techniciens Florent Ibenge et Mwiny Zahera, tous deux sélectionneurs des léopards A et respectivement coach de V.Club et de DCMP rater deux matches de la sélection nationale car retenus dans le duel du championnat national qui devait opposer les deux formations. Aucune sanction n’avait été prononcée à l’encontre de ces deux techniciens qui s’étaient faits remplacer par un autre sélectionneur.

Cette affaire soulève bien entendu une autre. La RDC s’est dotée depuis quelques années des sélectionneurs qui ont des contrats ou engagements avec des clubs. Ce qui rend leur travail fort bien compliqué.

Dickson Yala

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