CAN 2017 : pourquoi le lundi Kinshasa était dans la joie

La sélection nationale de la RDC a répondu présent lors de son premier match contre le Maroc. Les Léopards l’ont remporté par un score étriqué d’un but à zéro, en match comptant pour la première journée de la Coupe d’Afrique des Nations Total Gabon 2017 (CAN).

Cette performance des fauves RD congolais depuis le stade d’Oyem n’a pas laissé indifférents, des millions de Congolais collés à leurs petits écrans indifférents. Au pays, ce succès contre l’un des gros poissons de son groupe a été célébré avec faste. Car, grâce à lui, la RDC adopte une bonne posture pour la suite de la compétition dès cette première journée dans ce poule qualifié de la mort.

Tout Kinshasa a vibré au rythme de la CAN le lundi 16 janvier dernier. Il a suffi juste du coup de sifflet ultime pour que ces Kinois envahissent les grandes artères de la capitale pour célébrer cette première victoire face aux lions de l’Atlas du Maroc. Toutes générations confondues s’étaient déversées sur la rue. Ils se comptaient en plusieurs milliers sur les avenues de Kinshasa entonnant des mélopées.


Comme partout à Kinshasa, le même scénario a été vécu dans le district de la Tshangu où il y a une forte concentration de la population. Du boulevard Lumumba en passant par la route Kimbuta, l’Avenue Mobutu communément appelée, route Abatoir, la liesse a été à son comble. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes pour la plupart vêtus en maillot de l’équipe nationale, brandissaient des drapeaux, calicots et autres objets aux couleurs du drapeau national.


Même quartier péri-urbain de passa dans la Commune de la N’sele, n’a pas échappé à la règle. Les quelques terrasses, bars et buvettes de ce coin de Kinshasa ont refusé du monde. Ils étaient pleins et certaines personnes étaient débout. Les gens ont préféré suivre cette rencontre là où il y avait du monde.  » C’est notre match à nous. Je dois le suivre là où il y a les esprits qui adorent le football. Voyez l’ambiance. C’est comme au stade « , a déclaré Gislain, la vingtaine révolue.


L’ambiance est montée d’un cran lorsque but de la partie a été inscrit au marquoir, les commentaires des journalistes pouvaient s’entendre à peine. Ils ont laissé place aux chants rythmés et monotones des supporters qui ne pouvaient plus se contenir. A peine retentissait le coup de sifflet ultime de l’arbitre malgache après six minutes de temps additionnels, les fans en débordement ont fourmillé de partout pour remplir les grandes avenues de ce quartier. Ils chantonnaient la fameuse chanson  » Ibenge coacher  » en hommage à l’entraineur des Léopards Jean Florent Ibenge.

UNE AMBIANCE D’AVANT MATCH SANS PRECEDENT

Déjà, dès les premières heures de la journée, toute la ville de Kinshasa s’était mise dans l’ambiance du Gabon où se déroule depuis le 14 du mois en cours, cette 31ème édition de la CAN. Les amoureux du sport roi s’affichaient en couleurs de l’équipe nationale. Certains se tatouaient le drapeau sur les corps et d’autres encore des autocollants sur les joues. Les véhicules, les taxi-moto et autres véhicules étaient ornés en jaune, bleu et rouge.
Les fauves de la RDC étaient très sûrs de défendre l’étiquette de favoris qui leur a été collée, avant même la partie. Les congolais ont réalisé l’exploit sur terrain face à une équipe marocaine reprochable uniquement lors de la finition de ses actions. En témoignent d’ailleurs les statistiques de fin de match. 16 tirs dont 3 cadrés pour les Lions de l’Atlas contre 3 cadrés sur les 5 des Léopards.


L’équipe maghrébine a dominé la partie dans le jeu. Elle s’est offert des multiples occasions dès les premièrs instants du match. Malgré cette emprise des Lions de l’Atlas, la cage de Matampi VumiLey se dérobait à chaque fois. Le but de la délivrance des poulains de Ibenge est intervenu à la 55ème minute lorsque le repêché de la dernière liste de Junior Kabananga, en remplacement de Hervé Kage, a récupéré un centre en profondeur que n’a pas pu capter le portier Marocain. Le joueur de 28 ans l’enfonce dans la lucarne. Le marquoir a affiché1 but à zéro à l’avantage des Congolais.

TOUS LES CONGOLAIS AIMENT DESORMAIS LE FOOT
L’effervescence vécue dans la capitale congolaise le lundi dernier, n’a pas une première. Les Kinois se sont depuis un certain temps, intéressés au football. Tous, hommes, femmes et enfants parlent désormais football surtout en cette période de CAN. L’équipe nationale de la RDC est à sa 17ème participation dans une phase finale de la Coupe d’Afrique.
Cet intérêt pour le ballon rond remonte à seulement de quelque 3 années. C’était en 2014 avec l’arrivée de l’actuel sélectionneur Jean Florent Ibenge. Ce dernier est rentré avec la médaille de bronze lors de sa toute première CAN jouée en Guinée Equatoriale. Avant ça, les Congolais furent éliminés dès le premier tour, soit ils n’étaient même pas qualifiés.
Après ce sacre de 2014 (3ème place en 2015), les congolais sous l’égide de cet entraineur national ont commencé leur apogée sur le plan continental. Des éliminatoires de la présente Coupe d’Afrique des nations Total-Gabon 2017,en passant par le CHAN Rwanda 2016 jusqu’aux éliminatoires de la prochaine coupe du monde prévue en Russie en 2018, la sélection Congolaise a été irréprochable sur tous les fronts.


Désormais, il suffit que l’équipe nationale joue pour que tout le monde soit immobilisé devant sa télé. Ce n’est pas du tout étonnant de voir tout le pays jubiler après la victoire contre le Maroc(1-0) le lundi 16 janvier dernier. C’est la plus grande compétition intercontinentale que la RDC a gagnée 2 fois et la dernière remonte à 1974. Une troisième étoile ferait énormément du bien à cette nation qui se compte parmi les meilleurs en Afrique. Bahati KASINDI

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