Marcel Tisserand : « aujourd’hui, tu peux nous mettre qui tu veux, on sera prêt et pas surpris »

L'international congolais Marcel Tisserand qui s'est confié au micro de beIN SPORTS à la veille de la rencontre entre les Léopards de la RD Congo et les Blacks Stars du Ghana, fait le point sur ce qu'a été les conditions difficiles pour la phase de groupe.

« Je vais d’abord vous expliquer notre avant match face au Togo. Ce n’était pas simple. On ne s’est pas échauffé sur le terrain mais dans une salle à part. On a découvert le terrain qu’au moment de jouer. Le terrain était dans un très sale état ! Si tu t’échauffais dessus, tu risquais de le rendre encore plus dégueulasse pour le match. Les arbitres ont décidé de nous envoyer dans une salle limite sans clim. Il fallait donc s’échauffer mais on avait chaud, c’est bizarre comme situation. Franchement, c’était très compliqué de démarrer le match à 100 % dans ces conditions. A part ça, tout s’est bien passé avec une très bonne ambiance avant le match dans le bus. Après le match, retour à l’hôtel avec encore un superbe accueil. Ils ont mis de la bonne musique pendant qu’on mangeait. On a dû dormir vers 4h ! On jouait aux cartes dans les chambres, ça discutait, ça refaisait le match et ça regardait les émissions de débriefe. Désolé en revanche, on ne capte pas beIN SPORTS au Gabon (rires). C’était terrible !  »

« Concernant le match, j’ai réussi une passe décisive sur une longue chandelle. Mes coéquipiers n’ont pas douté une seule fois sur l’intentionnalité de cette passe, c’est bizarre hein ? (rires) Je me suis dit pourtant il y en a un ou deux qui allaient me demander, mais c’est passé tranquille, tout le monde m’a dit « bien la passe Marcel ! ». Sinon, j’ai eu au marquage Adebayor. C’est un joueur d’expérience, ça veut dire qu’il est très malin. Il essaye de jouer les coups vite, il se place bien. Malgré sa situation, il compense avec son placement et ses déplacements. Ce n’était pas évident tout le match vraiment. Avec deux victoires et un nul en phase de poules, c’est vrai qu’on est joyeux. Mais ce qui prédomine, c’est le travail. On est joyeux et tout, mais quand c’est l’heure de l’entraînement et du match, on est très sérieux. En dehors de ça, c’est vrai qu’on profite, on rigole, on danse, Fimbu par-ci, Fimbu par-là, ça fait rire les gens, mais à part ça, on est vraiment extrêmement sérieux dans notre travail. Et c’est ça qui est paradoxal : on peut faire la fête mais quand l’heure du travail sonne, on est ultra concentré. »

 » La RDC a toujours été citée parmi les favoris depuis le début de la CAN, c’est vrai. Le seul problème, c’est qu’il fallait l’assumer. Aujourd’hui, on montre qu’on l’assume mais la compétition n’est pas finie. On a vu que des grosses équipes comme l’Algérie, la Côte d’Ivoire ou encore le Gabon se font sortir, ça montre que même les gros sont en difficulté. C’est donc à nous de faire très attention pour la suite car les gens nous attendent avec un autre état d’esprit. Pour les quarts, on ne sera plus la surprise. Les équipes vont analyser tous nos matchs et nous connaîtront par cœur. De notre côté, on sort d’un groupe ultra compliqué. Depuis notre arrivée ici, on est habitué à voir des choses compliquées. Aujourd’hui, tu peux nous mettre qui tu veux, on sera prêt et pas surpris. Limite, on se méfie plus des petits entre guillemets que des gros. De toute façon, il ne reste que des gros. »

 » Je finis par un petit mot sur la belle histoire de cette CAN, Kabananga. On était en stage au Cameroun avec un groupe de 30 joueurs. Le coach a fait un choix après une semaine. Il devait réduire la liste à 23 mais il en a choisi 24. Il hésitait encore entre Kabananga et un autre joueur, Hervé Kage. Le coach avait beaucoup de mal à les départager mais au final, il a opté pour Kabananga. C’est payant aujourd’hui. Il est décisif et marque pratiquement à chaque match. Il fait du bien à l’équipe. Très peu de gens l’attendaient à ce niveau-là. Pour être honnête, même nous on ne l’attendait pas forcément à ce niveau de jeu. D’autant plus qu’il joue à la place de Bolasie à gauche et si Bolasie n’était pas blessé, Kabananga n’aurait peut-être pas pu débuter les matchs, voire même être dans les 23. C’est une belle surprise et ça nous a fait beaucoup de bien ! »

Marcel Tisserand

Commenter

Cliquez-ici pour commenter